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Le nouveau visage de la rhétorique anti-turque

TT édition anglaise by TT édition anglaise
le 15 avril 2021
in Diapositives de la page d'accueil, Opinion
Temps de lecture: 3 minutes de lecture
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La dernière escalade au Haut-Karabakh a relancé la rhétorique anti-turque sur la scène internationale. La Turquie, sous la direction du président Recep Tayyip Erdoğan, a soutenu l’Azerbaïdjan pour aider le pays à récupérer ses territoires occupés par l’Arménie.

Le Premier ministre arménien, Nikol Pashinian, a commis une grave erreur en attaquant la région azerbaïdjanaise de Tovuz le 12 juillet. Pour dissimuler son erreur de calcul, le Premier ministre arménien a redoublé de violence et alimenté le sentiment anti-Turquie et anti-Erdoğan en accusant Ankara de « reprendre le pouvoir ». génocide » – comme si c’était Erdoğan, et non Pashinyan, qui avait déclenché le conflit. Certains groupes aux États-Unis, en Europe et dans le Golfe ont également fait écho aux affirmations de l’Arménie.

On pourrait facilement penser que l’Arménie, ces dernières semaines, combat la Turquie, contrairement à l’Azerbaïdjan. Un magazine français a même qualifié les affrontements du Haut-Karabakh de « nouvelle guerre d’Erdoğan ». Le président turc, disent-ils, a ouvert un nouveau front dans le Caucase du Sud suite à ses opérations en Syrie, en Libye, en Méditerranée orientale, en Irak et à Chypre.

Le Point, un magazine français, a poussé l’anti-Erdoğanisme à un niveau supérieur en comparant le président turc à Adolf Hitler et en l’accusant de promouvoir le nationalisme ottoman pour « revenir au bon vieux temps ». Le magazine souligne qu’Erdoğan a, une fois de plus, volé la vedette à Emmanuel Macron, ce qui est sans doute la cause de l’agressivité actuelle de la France.

L’Azerbaïdjan remet ouvertement en question l’implication de la France dans le Groupe de Minsk et exhorte la Turquie à être à la table des négociations. Macron pense peut-être que s’appuyer sur la vaste expérience d’Erdoğan est un bon moyen de cacher sa propre inexpérience, mais il ne trompe personne. L’agressivité désespérée de la vanité eurocentrique n’est que trop familière.

Chaque fois qu’Ankara prend une nouvelle décision en matière de politique étrangère, les médias occidentaux invoquent de nouvelles étiquettes, qui ne sont pas nécessairement compatibles avec les autres : le nouveau sultan. Calife. Dictateur. Les esprits derrière la lutte idéologiquement chargée contre la Turquie ne semblent pas pouvoir se décider. Erdoğan est-il un leader islamiste des Frères musulmans ? Est-il un néo-ottomaniste ? Panturquiste ou eurasiste ? Ou, peut-être, un dirigeant qui a embrassé le nationalisme pour compenser sa popularité déclinante ? Un néo-kémaliste ?

De toute évidence, le président turc n’est rien de tout cela. C’est un dirigeant fort, expérimenté et talentueux qui s’efforce de sauvegarder les intérêts nationaux de la Turquie.

L’activisme de la Turquie dans sa nouvelle politique étrangère n’est pas ancré dans une idéologie mais reflète plutôt une capacité à identifier les changements dans les affaires régionales et mondiales. L’objectif du pays n’est pas l’expansion territoriale mais le renforcement de son agence.

Le Point a certainement poussé la rhétorique anti-turque à un niveau supérieur en établissant des parallèles entre le surnom officieux d’Erdoğan, Reis (chef), et le mot Führer. Les adversaires de la Turquie ajoutent des contes de fées sur l’agression militaire à leurs récits d’autoritarisme existants. Au cœur de cette nouvelle rhétorique se trouve leur mécontentement face aux opérations militaires turques, conçues pour sauvegarder ses intérêts. Ils cherchent à cibler l’empreinte militaire de la Turquie en Syrie, en Libye, au Qatar, en Irak, en Méditerranée orientale et à Chypre – sans parler du style de leadership d’Erdoğan et de sa capacité à prendre des initiatives en temps de crise. Ils sont en effet jaloux des dernières démarches et initiatives de la Turquie.

Les mêmes personnes qui ne remettent pas en question la présence militaire des États-Unis, de la Russie ou de la France dans ces régions du monde continuent d’attaquer Erdoğan pour tenter de contenir la Turquie. Ankara est accusée d’expansionnisme chaque fois qu’elle tente d’aider à gérer les crises dans sa propre partie du monde.

À en juger par cette rhétorique, on pourrait penser que Bachar al-Assad et ses sponsors, la Russie et l’Iran, n’ont pas déclenché la guerre civile syrienne. On pourrait supposer que le général putschiste Khalifa Haftar et ses sponsors, dont la France, ont déclaré la guerre au gouvernement libyen reconnu par l’ONU. On pourrait en effet penser que Nikol Pachinian et ses téméraires sponsors n’ont pas relancé les combats au Haut-Karabakh. On pourrait supposer que l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis n’ont pas bloqué le Qatar ni tenté de renverser son gouvernement.

Une « compétition entre grandes puissances » est devenue le mot d’ordre sur la scène internationale, les États-Unis créant un vide de pouvoir en se retirant des théâtres régionaux et mondiaux. La Russie, l’Iran et Israël accélèrent le rythme. C’est une époque où l’absence du théâtre se traduit souvent par l’incapacité de faire valoir ses droits. Dans ces circonstances, personne n’a le droit de dire à la Turquie de s’abstenir de recourir à la force forte.

 

PAR BURHANETTIN DURAN 

Dayli Sabah

Tags: ANTI-ERDOĞANANTI-TURQUIEARMÉNIE-AZERBAÏDJAN
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