La semaine dernière a été très chargée en matière de politique étrangère turque. Le président américain Donald Trump a annoncé le retrait des États-Unis de Syrie après une conversation téléphonique avec le président Erdogan. Étant donné que la Turquie s’est montrée très déterminée à mener une autre opération militaire en Syrie, à l’est de l’Euphrate, afin d’éliminer les forces du YPG soutenues par les États-Unis, les conséquences possibles de cette décision de retrait sont de plus en plus débattues. Comment la Turquie va-t-elle renouveler sa feuille de route pour une éventuelle opération vers l’est de l’Euphrate dans de nouvelles circonstances ? L’équilibre des pouvoirs entre la Turquie, l’Iran et la Russie va-t-il changer après le retrait ? Les réponses à ces questions sont cruciales pour clarifier cette image floue.
Outre son programme de politique étrangère, les derniers incidents ont eu d’énormes répercussions sur les affaires intérieures. Il est évident que l'une des questions controversées à l'ordre du jour des élections locales turques sera l'opération militaire vers l'est de l'Euphrate. Pour cette raison, il est nécessaire d'évaluer les positions des partis politiques turcs et la manière dont ils interprètent cette question.
Après que le président Erdogan a clairement souligné que la Turquie poursuivrait une nouvelle opération militaire en Syrie, le vice-président du CHP a déclaré que son parti soutiendrait uniquement les solutions diplomatiques et « pacifiques » plutôt que les opérations militaires dans la région. Néanmoins, le parti n'a proposé aucune recommandation pour la mise en œuvre d'une solution diplomatique à ce conflit insoluble de longue date, qui a causé la mort et le déplacement de millions de personnes. Kilicdaroglu, leader du CHP, s'est également montré prudent quant à une éventuelle opération militaire et a souligné la création de canaux de dialogue. Il est évident que le CHP adopte une position ferme sur cette question et attend de nouveaux développements. Par ailleurs, il est évident que le CHP privilégie des négociations directes avec le régime d’Assad afin d’apporter une solution au conflit.
Comment la Turquie va-t-elle renouveler sa feuille de route pour une éventuelle opération vers l’est de l’Euphrate dans de nouvelles circonstances ? L’équilibre des pouvoirs entre la Turquie, l’Iran et la Russie va-t-il changer après le retrait ?
Le HDP, au contraire, s’attaque ouvertement à une éventuelle opération militaire de la Turquie en Syrie. Le coprésident du parti a déclaré que la Turquie et la Russie devraient quitter les territoires syriens et que le peuple syrien devrait exercer son droit à l'autodétermination. En outre, la décision de retrait des États-Unis n’a pas été jugée convaincante par le parti en raison des annonces similaires précédentes des États-Unis.
Contrairement à la déclaration officielle du parti, les cercles du HDP ont sévèrement critiqué la décision des États-Unis sur les réseaux sociaux. Ils ont même lancé une campagne de pétition auprès de la Maison Blanche pour demander aux États-Unis de soutenir les Kurdes dans leur lutte contre la Turquie. Ces milieux définissent l’armée turque comme « prédatrice » et « envahissante ». Ils prétendent que la Turquie envahira les territoires kurdes du nord de la Syrie et provoquera une catastrophe humaine irréversible. Ces affirmations infondées sont également très populaires dans les médias occidentaux et circulent de plus en plus aujourd’hui.
Tous les développements jusqu'à présent montrent que l'opération militaire turque en Syrie pourrait être l'un des facteurs déterminants du résultat des prochaines élections locales en Turquie.
Il est évident que l’éventuelle opération turque vers l’est de l’Euphrate sera l’un des sujets brûlants des campagnes électorales locales. Même si le CHP hésite à adopter une position ferme dans les conditions actuelles, il pourrait instrumentaliser une éventuelle opération militaire turque pour critiquer le gouvernement à long terme. Cependant, le HDP pourrait adopter une position plus dure, notamment en mobilisant ses partisans, comme il l’a fait auparavant. Tous les développements jusqu'à présent montrent que l'opération militaire turque en Syrie pourrait être l'un des facteurs déterminants du résultat des prochaines élections locales en Turquie.



