Le plus grand groupe d’affaires de Turquie a exprimé ses « sérieuses inquiétudes » quant au sort de la liberté de la presse et à la sécurité du système judiciaire après la saisie de deux télévisions et journaux appartenant au groupe Koza-İpek dans un communiqué du 28 octobre.
« [Tous] les segments de la société doivent être informés et satisfaits de manière à ce que les mesures ne soient pas excessives et arbitraires. Cela causera de graves dommages au climat des affaires et des investissements de notre pays en termes de sécurité du système judiciaire si des doutes subsistent sur la proportionnalité et la nécessité d'une décision de laisser la gestion de l'entreprise [Groupe Koza-İpek] aux gardiens », a déclaré le Association turque de l'industrie et des entreprises (TÜSİAD), dans une déclaration écrite.
Il a également déclaré que le fait que le groupe Koza-İpek possédait des médias suscitait davantage d'inquiétudes.
"Comme les sociétés liées incluent également des médias, de sérieuses inquiétudes apparaissent dans la société concernant la liberté de la presse si l'on considère les récentes pressions exercées sur les organes médiatiques", indique le communiqué, appelant également à une procédure judiciaire équitable et urgente sur cette question.
Le 26 octobre, le parquet général d’Ankara a ordonné que le groupe Koza-İpek soit placé sous la direction d’un comité d’administrateurs alors qu’une enquête était en cours sur les liens présumés du groupe avec l’universitaire américain Fethullah Gülen, ancien allié du gouvernement. Le président Recep Tayyip Erdoğan et le Parti de la justice et du développement (AKP) accusent désormais Gülen de diriger une organisation prétendument illégale qui, selon Erdoğan, tente de renverser le gouvernement de l'AKP avec des partisans travaillant en tant qu'initiés dans la police, la justice et d'autres institutions d'État.
La police a tiré des gaz lacrymogènes et des canons à eau sur la foule rassemblée en soutien devant les bureaux du groupe de médias vers 7h30 le 28 octobre, deux jours après la décision initiale du tribunal, a rapporté l'agence de presse Doğan.



